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1 J'ai vu, dans un rêve attristé, Deux chaumières presque pareilles, Et deux voix dans l'obscurité, Plaintives, qui frappaient mes oreilles. |
2. Chaque maison était cachée Dans un de ces vallons prospère D'où la guerre avait arraché Bien des enfants et bien des pères ... |
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3. La neige posait lentement Ses flocons sur les branches mortes ; La bise au long gémissement Pleurait par les fentes des portes. |
4. Les deux foyers se ressemblaient, Et devant le feu des broussailles, Deux mères, dont les doigts tremblaient Songeaient aux lointaines batailles. |
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5. Leur esprit voyageait là-bas : Point de lettre qui les rassure ! Quand les enfants sont au combat ! Pour les mères tout est blessure ! |
6. L'une comme l'autre invoquaient le ciel Priant dans sa langue ou la nôtre : " Mein Kind ! mein Kind " O vie cruelle ! " Mon fils ! Mon fils " murmurait l'autre. |
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7. Et j'entendais, au même instant, Sur un affreux champ de carnage, Contre la souffrance luttant, Gémir deux enfants du même âge |
8. Les deux soldats se ressemblaient, Mourant quand il fait bon vivre ; Et leurs pauvres membres tremblaient, Bleuis par la bise et le givre. |
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9. Ils s'éteignaient dans un ravin, En proie aux angoisses dernières ; Leurs yeux de loin suivaient de loin en vain La longue file des civières. |
10. Etrange réveil du passé, Qui précède l'adieu suprême, Evoquant pour chaque blessé La vision de ce qu'il aime ; |
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11. Et ces deux âmes, à l'heure sacrée Où la mort, en passant, vous touche Jetaient l'appel désespéré ! Que les petits ont à la bouche |
12. Les yeux remplis de souvenirs Une main sur la plaie grande ouverte Comme s'ils sentaient le froid venir Dans la grande plaine déserte : |
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(Poésie II, Pendant la Guerre)
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